Les cauchemars d’une mère-A mother’s nightmares (French)

Le genre Horreur est un genre devenu tellement large au fil des ans. C’est un genre peuplé de ce qu’on appelle aussi des sous-genres : Le Slasher, Le thriller, Le Survival, Le Zombie apocalypse, Le Creature Feature et ainsi de suite. Il y a de ces films qui se classeraient aussi bien dans un sous-genre qu’on pourrait appeler Le cauchemar d’une mère. Depuis quelques années, il se fait de plus en plus de ces thrillers dans lesquels la protagoniste est une mère, même plus souvent une future mère aux prises avec des tortionnaires qui la menacent directement ainsi que son bébé à naître et/ou de jeunes mères confrontées à des choix pratiquement impossibles à faire compte tenu de leur amour inconditionnel pour leur bambin. Rosemary’s baby de Roman Polanski a dérangé, partant très bine le bal dans les années 60. Dans les années 70, Larry Cohen a apporté un côté classique et comique à l’histoire d’une mère ayant donné naissance à un monstre dans le film « It’s Alive » Mais depuis le début des années 2000, ce genre de prémisse semble vouloir devenir monnaie courante.

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Film : Grace

Director/Réalisateur : Paul Solet

Stars : Jordan Ladd, Samantha Ferris, Gabrielle Rose

Produit en 2009, le film Grace est un excellent exemple d’un film à éviter si vous voulez passer une fête des mères joyeuse en famille.

Focussant sur l’histoire et ses personnages, on nous présente Madeline Matheson, une végétarienne et lesbienne mariée à un homme dans le seul et unique but de faire un enfant. Après les premiers mois de grossesse, elle insiste pour accoucher naturellement malgré les opinions des médecins et de sa belle famille. Comble du malheur, elle perd et son époux et sa raison de vivre dans un accident de voiture. Tenant à mener l’accouchement à terme, un miracle se produit alors que Madeline tient son enfant contre son cœur. La petite miraculée Grace s’abreuve tout de suite au sein de sa mère mais boit autre chose que son lait.

Madeline découvre plus tard que son sang est ce dont Grace se nourrit. Alors qu’elle commence à vivre comme une récluse avec sa fille, sa parenté et ses amis commencent à s’inquiéter pour sa santé ainsi que celle de son bébé. Sa belle mère ne la lâche pas d’une semelle.

Le film Grace peut sembler bizarre pour certains. On tourne presque l’amour d’une mère pour sa progéniture en une satire. Ça peut aussi ressembler à un cauchemar pour les végétariens. Certaines scènes du film feraient de la bonne propagande… Hum, pardon. Promotion si vous préférez du végétarisme. Bref, si vous avez un dédain pour la viande, ce film fait mieux que The Texas Chainsaw massacre pour ce qui est de vous garder loin des filets de porc. Pourtant, du début à la fin cette histoire et ses personnages font de Grace un film qui vaut largement plus que ce qu’on pourrait croire à le juger par sa surface et même avec un aussi lent défilement, il vaut beaucoup plus que l’attention qu’il a reçu à sa sortie. Je me suis surpris à embarquer dans quelque chose qui me paraissait banal à priori (J’avais vu des films d’horreur, même extrêmes qui exploitaient la vache à lait qu’est l’amour d’une mère). Mais ce suspense aussi lent est-il ne souffre que rarement des longueurs qui auraient pas l’accompagner.  Cette descente aux enfers devient simplement plus intense dans les derniers instants du film c’est sûr. Et la fin, aussi dérangeante et évidente qu’elle est apparue nous force un sourire.

Un mélange bizarre entre une prémisse on ne peut plus sérieuse et dramatique et de l’horreur social qui aurait facilement pu tourner au vinaigre. Merci au jeu des acteurs par contre (Surtout Jordan Ladd dans le rôle de l’entêtée Madeline et Gabrielle Rose dans celui de la belle mère suspicieuse) je me suis laissé embarquer dans le film Grâce à son histoire et Grâce aux personnages qu’elle nous dépeint. Ce n’est juste pas rare que certaines idées, comme dans ce cas-ci les scènes satiriques n’aient pas été omises. Ce qui en aurait fait un film seulement plus solide.

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Film: Proxy

Director/Réalisateur: Zack Parker

Stars: Alexia Rasmussen, Joe Swanberg, Kristina Klebe, Alexa Havins

Une femme enceinte de plusieurs mois, Esther Woodhouse (Alexia Rasmussen) revient d’un rendez-vous pour une échographie quand elle est sauvagement agressée dans la rue. Peu de temps après l’éventuelle perte de son bébé, Esther joint un groupe d’entraide aux gens dans sa situation. Elle tisse vite des liens d’amitié avec une autre jeune femme ayant souffert la perte d’un enfant, pour finalement se rendre compte que sa nouvelle amie n’est peut-être pas aussi saine d’esprit qu’elle prétend l’être.

Les vies dévastées de trois parents ayant subi la perte d’un enfant s’entremêlent dans ce thriller que certains qualifient d’Hitchcockien. On peut facilement comprendre la comparaison avec Hitchcock : Personne n’est ce qu’il/elle semble être, les motifs ne nous apparaissent pas clairement avant la fin. Mais la comparaison s’arrête tristement là.

Est-ce que PROXY est un bon film? Dans mon cas il ne se qualifie pas comme tel. Sa durée de deux heures pour un film aussi lent le fait souffrir sans bon sang. Et ce sans compter que; Dans un gâchis de la sorte, il aurait été bien de pouvoir ressentir un peu d’empathie pour un personnage. Le scénariste nous bombarde plutôt avec tout un groupe de personnages également dérangés, à un point tel que le film en devient rien de moins que déprimant. Si tout le monde mérite un mauvais sort, où est le plaisir de regarder un film?

Malgré tout, il vaut un visionnement. Si seulement pour le lot de surprises qu’il apporte. Et après une première heure qui se termine sur une surprise grosse comme le poing (Je me croyais arrivé à la fin tellement c’était gros), le film ne s’essouffle pas pour ce qui est du suspense. Arrive une histoire de vengeance que j’attendais depuis les premiers instants.  Et l’époustouflante Kristina Klebe en devient finalement la vedette.

Est-ce que le film fait preuve de couilles? Peut-être. Mais je m’en balance. J’ai eu affaire à un vrai fouillis pendant toute sa durée. Et même avec une agression d’une telle horreur au début, on ne peut pas faire de comparaison avec le plus que violent et épeurant INSIDE (Lire plus bas). À ce chapitre, Proxy se laisse regarder en mangeant, sans nous lever le cœur.

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Film: Grindstone Road

Director/Réalisatrice: Mélanie Orr

Stars: Fairuza Balk, Greg Bryk

De la petite collection de films d’horreur de la jeune Mélanie Orr, la bande annonce de GRINDSTONE ROAD est celle qui m’avait le plus accroché. Des scènes d’épouvantes intenses, une musique lourde, évoquant bien la hantise et cerise sur le gâteau? L’actrice Fairuza Balk persécutée dans le rôle principal. Il s’agit d’un petit film d’épouvante PG à la Are You Afraid of the dark (Fais moi peur), quoique la mention « Déconseillé aux jeunes enfants » s’applique, c’est assez général.

Hannah Sloan (Balk) est en deuil depuis qu’elle a été victime d’un accident de la route qui a laissé son fils Daniel dans un profond coma. Dans le but de recommencer à neuf, Hannah et son époux le psychiatre Graham (Greg Bryk) emménagent dans une maison sur Grindstone road. La vieille maison est bien entendue bourrée de secrets. Des choses qui remontent à la surface rappelleront à Hannah un passé qu’elle avait oublié. Générique? Un peu trop.

Autrefois une des psychotiques préférées du tout Hollywood, Fairuza Balk campe une mère tout ce qu’il y a de plus ordinaire aux prises avec des démons et fantômes tout ce qu’il y a de plus banals.

Dès les premiers instants du film on est plongé au cœur du drame. Balk a à nous faire vivre quelques scènes dramatiques mais bien qu’elle y excelle, la réalisatrice semble avoir peur d’approcher la caméra de l’actrice durant ces scènes, lesquelles sont les plus lourdes de sens dans ce genre de film habituellement.  Et il en sera ainsi pendant presque tout le film. Nous forçant à regarder à distance au lieu de nous faire vivre les montagnes russes aux côtés de sa protagoniste ou de nous transporter directement dans les pensées de celle-ci. Grindstone  passe rapidement sur chacune de ces scènes pour les entrecouper de scènes beaucoup plus légères. Jusqu’aux dix dernières minutes. Dénouement durant lequel on se questionne inévitablement sur l’intelligence des personnages compte tenu de leurs agissements. Et c’est en partie pourquoi le film ne s’élève pas plus haut que le stade du (Très) petit plaisir coupable dans mon cas. Le plus triste,  c’est qu’on ne se sent jamais en train de regarder un film d’horreur puisque si la tension apparaît vite, elle disparait aussitôt à chaque fois. Au lieu de faire escalader le drame, de nous faire ressentir une urgence on sent vite un grand manque de vie et d’énergie dans cette production. Du côté de la réalisation, comme du côté des performances des acteurs.

Ça se laisse regarder. Une petite heure et demi qui semble une heure tout au plus tellement c’est léger. Le plus triste c’est que bien que j’adore Fairuza Balk et spécialement pour les films dramatiques et qu’il y ait du drame dans Grindstone Road, je l’ai rarement vu jouer aussi mollement. Greg Bryk (Une histoire de Violence) se débrouille pas mal pour sa part.

Tout n’est pas mauvais à propos de ce film. Si vous êtes curieux et cherchez une bonne histoire simple, racontée de façon légère c’est bien. À travers Hannah Sloan on nous rappelle tout du long que malgré le fardeau qui vous afflige il y a de l’espoir, au risque de passer pour fou. Certaines scènes nous offrent de très belles images. Mais c’est peine perdue parce que le film avait beaucoup plus à offrir sur papier que ce qu’il en a résulté. Qui sait, réalisé par un James Wan ce petit film aurait-il pu faire dresser des sourcils et donner plus de frissons qu’il m’en a donné? Tout à parier que oui.

Même si le style bon enfant est une autre opportunité pour une actrice comme Balk de jouer autre chose qu’une jeune lunatique, étiquette qu’elle s’était vue attribuée grâce à des performances dures à oublier (THE CRAFT, AMERICAN HISTORY X) on est forcé d’admettre que si un film en particulier a pu lui faire mal en tant qu’actrice c’est (Peut-être pour certains) Grindstone. Je la préfère quand-même de loin dans ce rôle aux rôles donnés aux actrices des productions à gros budget du genre Oculus et Annabelle simplement pour le fait qu’elle arrive à s’inventer un patois, sa façon de bouger (Elle y travaille toujours) font de son personnage le contraire des mères de famille sorties des convoyeurs des productions James Wan.

Mais parce qu’elle nous avait habitué à manger à notre faim, même plus avec certains rôles, cette fois, le fan de l’actrice et le fan de films d’horreur que je suis avaient encore faim après ce film-ci. De quoi mourir maigre.

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Film : Inside (À l’intérieur)

Directors/Réalisateurs : Alexandre Bustillo, Julien Maury

Stars : Alysson Paradis, Jean-Baptiste Tabourin, Claude Lulé, Béatrice Dalle

Si dans les années 60 l’horreur appartenait aux Italiens grâce à des noms tels que Mario Bava, Dario Argento, George A. Romero et Lucio Fulci; Et que des Américains comme Wes Craven, John Carpenter et Tobe Hooper les ont fortement concurrencé dans les années 70 avec des films cultes encore solides pour s’approprier les années 80. Si les années 90 appartenaient aux Asiatiques avant de voir renaître le Slasher Américain avec SCREAM. Il faut avouer qu’au tournant des années 2000, les Français se sont emparé du genre avec brio et en pas pour rire! Des titres viennent immédiatement à l’esprit quand on y pense : Irréversible, Haute Tension (High Tension), Martyrs, La Horde et j’en passe. Inside (À l’intérieur) est un autre bon exemple de la force des Français pour ce qui est des films d’horreur.

Quelques temps après la mort de son mari, Sarah (Alysson Paradis), enceinte de plusieurs mois est tourmentée un soir par une mystérieuse femme qui essaie d’entrer chez elle. La femme en question réussit bien sûr à entrer. S’en suit un long et sauvage combat alors que Sarah lutte pour sa survie et celle de son bébé à naître.

Des années plus tard, Inside demeure un excellent film gore et il faut avouer qu’en tant que film d’horreur tout marche dans celui-ci. De la scène où on se remémore le décès du mari de Sarah, à l’arrivée de l’inconnue qui s’amuse à effrayer la protagoniste prisonnière dans sa propre maison. Métaphore intéressante : La maison est au début du film pour Sarah ce que le ventre d’une mère est pour son petit. Elle est bien plus en sécurité à l’intérieur. Mais à mesure que l’histoire avance, la maison se met à rétrécir. Et si on peut facilement voir l’horreur sur le visage de Sarah, on ne peut s’empêcher de se demander comment se sent son bébé à l’intérieur.

C’est très bien fait. Le suspense est au rendez-vous et dès les premiers instants j’avais les poils hérissés sur les bras de peur que cette inconnue arrive à entrer chez Sarah. Et quand finalement j’ai vu qu’il y avait effectivement une invasion de domicile et que Sarah n’avait d’autre choix que de se défendre j’étais rivé au sofa, à me battre avec elle. Mais jusqu’à la fin le combat est épuisant. Plus on avance dans le film, plus la bulle qui protège la pauvre Sarah devient petite. On se demande s’il reste de l’espoir après un certain temps mais on n’abandonne pas.

S’il existe bon nombre de films plus dérangeants et dégoûtants, l’horreur du drame mêlé à un film aussi gore font d’Inside un bon film d’horreur où les dialogues sont futiles. Ils sont pourtant un peu trop présents à mon goût.

J’ai vu plus dégueulasse et dérangeant. Martyrs par exemple, un autre film Français extrême. Mais si vous voulez vous tester vous allez voir deux femmes s’entretuer dans Inside et survivre à une violence sanglante à laquelle les victimes standards des films d’horreur ne se mesureraient pas.

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